Bio

BIOGRAPHIE / BIOGRAPHY

Le Sonneur est artiste et dessinateur. Dans ses dessins, ses installations et ses sculptures, il transforme le banal en poésie et nous raconte des histoires. Ses travaux font régulièrement l’objet d’expositions à Paris, Tokyo, Berlin, Melbourne, Dubaï. Le Sonneur is an artist and designer. In his drawings, installations and sculptures, he transforms the banal into poetry and tells us stories. His work is regularly exhibited in Paris, Tokyo, Berlin, Melbourne, Dubai.

Au fil de ses promenades urbaines, Le Sonneur colle des sonnettes aux portes des inconnus, de petites sonnettes rouges qui portent des noms intimes ou inattendus comme «  My Love » , « Her »  , «  Bunny »  ou «  My Heroine » . Il glisse aussi des lettres d’amour anonymes sous vos portes et dans vos boîtes aux lettres. Sur les trottoirs, il abandonne des clés aux noms d’amants imaginaires. Le Sonneur détourne aussi les accroche-portes des hôtels et les suspend aux portes de vos appartements ou de vos chambres, remplaçant les habituels « Do not disturb » ou « Make up the room » par des appels au secours ou des cris du coeur comme « Save Me », « Kiss Me » ou « Fuck Me ». Avec ses dessins en rouge et noir, il glisse son regard indiscret dans les trous de serrures et révèle dans un jeu d’ombres chinoises d’autres vies, d’autres moments volés. Il projette aussi ses scènes vidéos dans les rues, sur des murs vierges et salis. Il y fait apparaître des portes et des fenêtres imaginaires dans la villes, ses «  Fleeting Doors », passages éphémères vers l’intime, qui s’ouvrent et se ferment pour dévoiler en fragments la vie d’inconnues et autant de personnages interpellant les passants. Le Sonneur fixe aussi dans la rue des plaques de métal gravées d’un « MY LOVE », d’un « MON AMOUR, 4ème étage gauche, Sur rendez-vous » et d’un numéro de téléphone que vous serez peut être tenté d’appeler. All along his urban walks, Le Sonneur sticks some bells at the doors of the unknown, some small red bells that bear intimate or unexpected names like « My Love », « Her », « Bunny » or « My Heroine ». He also slips some anonymous love letters under your doors and into your mailboxes. On the pavements, he abandons some keys to the names of imaginary lovers. Le Sonneur also hijacks the door hangers of the hotels and hangs them at the doors of your apartments or rooms, replacing the usual « Do not disturb » or « Make up the room » by calls for help or heartcries like « Save Me », « Kiss Me » or « Fuck Me »  . With his drawings in red and black, Le Sonneur slips his indiscreet eye into the keyholes. He opens unexpected doors and reveals in a game of Chinese shadows some other lives, some other stolen moments. He also projects his video scenes in the streets, on virgin and dirty walls. It brings out imaginary doors and windows in the cities with its « Fleeting Doors ». These are ephemeral passages to the intimate, which open and close to reveal fragments of lives of unknowns, to make appear characters appealing to passersby. Le Sonneur also sets in the street metal plaques engraved with a « MON AMOUR », a « MY LOVE, 4th floor left, By appointment » and a phone number that you may be tempted to call.

Plus que la ville elle même, ce sont ceux qui y vivent qui sont le sujet de son travail. Avec ses installations, ses photographies, ses vidéos ou ses dessins, il interroge la condition urbaine et la place de l’individu dans la ville. Entre poésie et ironie, romantisme et noirceur, il questionne nos rapports aux autres. Il joue sur les pas de portes, ces limites fines entre la ville et l’intime, entre tous et chacun. Ses oeuvres nous parlent d’aliénation et de liberté, d’anonymat et de solitude, d’espoir et d’intimité. Au fil du temps, le Sonneur nous raconte ses villes, vécues ou fantasmées, des villes peuplées d’inconnus et d’histoire d’amour en suspens, des villes où chaque porte cache ses secrets. Ce sont ces mystères qu’il nous dévoile, en détournant le banal et les gestes du quotidien. Avec une simple sonnette, par le trou de serrure, avec de petits riens, dans un style minimal et singulier, il raconte ses histoires, ou plutôt nous laisse les imaginer. More than the city itself, those who live there are the real subject of the work of Le Sonneur. With his installations, his photographs, his videos or his drawings, he questions our urban condition and the place of the individual in the city. Between poetry and irony, romanticism and blackness, he questions our relationships with others. He plays on the doorsteps, these fine limits between the city and the intimate, between each and everyone. His works tell us about alienation and freedom, anonymity and solitude, hope and intimacy. Over time, Le Sonneur tells us about his cities, lived or fantasized, some cities which are populated by strangers and loving love stories, some cities where each door hides its own secrets. And Le Sonneur reveals these secrets to us, by turning away the banal and the everyday life gesture. With a simple bell, through a keyhole, with some little things, in a minimal and singular style, he tells us his stories, he lets us imagine them.


 

My Love, Mon Amour, My Heroine, Save Me, Kiss Me, Hold Me …

Par l’historienne de l’art et curatrice Noémie Richard

« Flâneur urbain et moderne, Le Sonneur arpente le bitume. Au coin d’une rue, il vient déposer un jeu de clé d’amants imaginaires; à votre poignée de porte un door hanger au message détourné ; sur le pas de votre porte une lettre d’amour anonyme, une sonnette au nom intime et inattendu ; sur les murs projeter des vidéos ou encore y fixer des plaques de métal gravées d’un « MON AMOUR, 4ème étage gauche, Sur rendez-vous » portant un numéro de téléphone qu’il serait tentant d’appeler.

La ville est son terrain de jeu et les âmes qui l’habitent son inspiration. Artiste contemporain multiple, la pratique du Sonneur a un style minimal singulier et se rapproche de celle du street art. Toutefois, ses interventions ne sont pas invasives, mais plutôt tant de touches de poésie décelables par celui prêt à ouvrir les yeux et à accepter d’interrompre sa routine pour un instant. Au premier abord, les œuvres du Sonneur semblent être des gestes anodins. Cependant, quand on s’y arrête, on découvre une succession de niveaux de lecture, de poésie, où chaque geste est pensé, chaque mot est précis et les références subtiles.

S’il utilise des techniques variées (installation, vidéo, photographie, dessin), son arme principale est le verbe. Il joue avec les mots pour interroger, provoquer, interpeler et suggérer. Que savons-nous de ce qui se passe au-delà d’une fenêtre ou d’une porte ? Le Sonneur vous le suggère par des déclarations d’amours, des appels au secours, des provocations. Et si vous êtes prêt à le suivre, il vous le montre par le trou d’une serrure ou dans l’entrebâillement d’une porte.

Pour cette exposition au Tsuba Hotel, Le Sonneur quitte la rue pour entrer dans un milieu clos. Comme d’autres espaces de passage, l’hôtel est un microcosme de la ville. Les individus s’y croisent, s’y attardent plus ou moins longtemps, pour une nuit d’amour, un voyage, un séjour d’affaire. Le Sonneur y prend ses marques et vous invite à entrer dans son monde. Suivre Le Sonneur c’est s’abandonner à l’imagination avec un brin de voyeurisme. »

Noémie Richard, historienne de l’art et curatrice, 2018

« Le Sonneur is walking down the streets, like a urban wanderer. One day, right around the corner, he is leaving a bunch of keys of imaginary lovers. The following one, you’re going to find an enigmartic message on your front door, an anonymous love letter on your door steps, an unexpected nickname on a little red bell next to the usual buzzer ; or even a golden plaque on the outside wall of your building, on which you can read « MY LOVE, 4th floor, left, By appointment only » and a phone number. One is tempted to call, right ?

Le Sonneur’s style and technical process are close to street art. However, his interventions are non-invasive and bring a touch of poetry in the real world. You will be able to find them only if you open your eyes and are ready to take a step back from your daily routine. At first sight, Le Sonneur’s works seem to be pretty minimal, but, as soon as we take more time to look at them, we discover multiple layers of meaning and interpretation. Each word is carefully selected, each gesture precise, each reference subtle.

Even if he is using different techniques (installation, video, photography, drawing), words are his best allies. He is playing with them in order to challenge collective perceptions, to provoke or even to suggest. Do we know what is hapening behind a closed door ? Le Sonneur is suggesting it by love letters, a cry for help, as well as provocations. Are you ready to follow him ? He will make sure you look through this key hole and that you go beyond this open door.

For this exhibition, he is stepping into the Tsuba Hotel. Like many other enclosed public spaces, the hotel is like the microcosm of the city life. Under the same roof, people are gathering, meeting up. Staying for a short or a longer time. For a night of love or a business trip. Here is his new playground. To enter Le Sonneur’s world, you’re going to need a touch of imagination and voyeurism. »

Noémie Richard, Art historian and curator, 2018