
Le Sonneur est un artiste plasticien français basé à Paris. Architecte de formation, il développe depuis plus de dix ans une pratique qui explore notre manière d’habiter le monde. Dessin, peinture, sculpture, photographie, installation, street art ou édition constituent autant de façons d’interroger les liens sensibles qui unissent les êtres aux lieux qu’ils habitent et qui les habitent en retour.
Ses premières œuvres investissent l’espace public. Au fil de ses déambulations urbaines, Le Sonneur installe de petites sonnettes rouges aux noms intimes et inattendus (« My Love », « The One », « My Heroine »…) sur les portes d’inconnus, glisse des lettres d’amour anonymes dans les boîtes aux lettres, abandonne des clés sur les trottoirs ou détourne les accroche-portes des hôtels dans lesquels il passe la nuit. Par ces gestes simples et presque imperceptibles, il déplace le regard porté sur la ville et transforme le quotidien en espace de fiction. Les portes deviennent des seuils, les objets les plus ordinaires ouvrent sur des histoires possibles.
Cette attention portée aux passages, aux frontières et à l’intime traverse aujourd’hui l’ensemble de son œuvre. Si la rue a progressivement quitté la forme visible de son travail, les questions qu’elle faisait naître demeurent intactes. Les portes sont devenues des maisons, les maisons des paysages intérieurs. L’architecture n’est plus envisagée comme une discipline de construction, mais comme un langage poétique capable de révéler notre rapport aux lieux, à la mémoire et à l’imaginaire. Le Sonneur ne dessine pas des maisons, il dessine nos manières d’habiter le monde.
Ses dessins, peintures et sculptures donnent naissance à des architectures sensibles, étranges et familières à la fois. Refuges, labyrinthes, cabanes ou tours improbables composent une géographie ouverte où chacun est invité à projeter ses propres souvenirs, émotions et récits. Plus que des représentations de bâtiments, ces formes deviennent les métaphores de nos espaces intérieurs.
Entre minimalisme et poésie, Le Sonneur poursuit ainsi une recherche initiée dans la rue : révéler l’étrange enfoui dans le banal et faire de nos espaces vécus un territoire sensible où se rencontrent le réel et l’imaginaire, l’intime et le monde.
Après ses débuts dans le street art en 2014, Le Sonneur embrasse aujourd’hui un large éventail d’expressions, du dessin à la sculpture, en passant par la peinture, la photographie, la vidéo et l’installation. Depuis 2016, il est régulièrement exposé à Paris, Tokyo, Nagoya, Melbourne, Berlin, Dubaï et Abu Dhabi. Ses oeuvres apparaissent en salles des ventes dès 2017 et font partie de grandes collections privées comme la Collection Homen Residences. Il est récompensé par Emerging Artist Award à Dubaï et Abu Dhabi en 2018. Depuis 2021, Le Sonneur présente également ses oeuvres dans une dizaine d’ouvrages. Le premier d’entre eux est salué par The Washington Post comme « l’un des livres remarquables de l’année 2021 ». Publié aux éditions Flammarion « Et Mon Coeur Se Serra » sort l’année suivante aux Etats-Unis et en Angleterre sous le titre « Red is My Heart » aux éditions Gallic Books et Pushkin Press. La même année paraît également son premier roman graphique « Le Poisson de Monsieur Carassin » suivi de « Sur un nuage », «Rise» et « Par-dessus nous » (2022), « Au loin tu verras » et « 203 Boulevard Raspail » (2023) « Vous êtes ici », (2024), « Maisonneuve » (2025) et « Casanuova » (2026).
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Le Sonneur is a French visual artist based in Paris. A graduate architect, he has been developing a practice for over ten years that explores the ways in which we inhabit the world. Drawing, painting, sculpture, photography, installation, street art and publishing all become means of questioning the sensitive bonds that connect human beings to the places they inhabit — and by which they are, in turn, inhabited.
His early works emerged in public space. Through his urban wanderings, Le Sonneur places small red doorbells bearing intimate and unexpected names (“My Love”, “The One”, “My Heroine”…) on the doors of strangers, slips anonymous love letters into mailboxes, leaves keys on sidewalks, or reimagines the “Do Not Disturb” signs found in the hotels where he spends the night. Through these simple and almost imperceptible gestures, he shifts our perception of the city and transforms everyday life into a space of fiction. Doors become thresholds; the most ordinary objects open onto possible stories.
This attention to passages, boundaries and intimacy now runs throughout his entire body of work. Although the street has gradually disappeared from the visible form of his practice, the questions it raised remain unchanged. Doors have become houses, and houses have become inner landscapes. Architecture is no longer considered as a discipline of construction, but as a poetic language capable of revealing our relationship to places, memory and imagination. Le Sonneur does not draw houses; he draws our ways of inhabiting the world.
His drawings, paintings and sculptures give rise to sensitive architectures, at once strange and familiar. Shelters, labyrinths, cabins and improbable towers form an open geography into which each viewer is invited to project their own memories, emotions and narratives. More than representations of buildings, these forms become metaphors for our inner spaces.
Between minimalism and poetry, Le Sonneur continues a quest that began in the streets: revealing the strangeness hidden within the ordinary and transforming our lived spaces into a sensitive territory where reality and imagination, intimacy and the world come together.
After he started his career as a street artist in 2014, Le Sonneur now embraces a wide range of expressions, from drawing to sculpture, including painting, photography, video and installation. Since 2016, he has been regularly exhibited in Paris, Tokyo, Nagoya, Melbourne, Berlin, Dubai and Abu Dhabi. His works have appeared at auction since 2017 and are part of major private collections such as the Homen Residences Collection. He was awarded by Emerging Artist Award in Dubai and Abu Dhabi in 2018. Since 2021, Le Sonneur also presents his works in more than ten books. His first one, published in France, USA and UK, is hailed by The Washington Post as « one of the noteworthy books of 2021 ». His book, « Et Mon Coeur Se Serra » (Flammarion, 2021) is released in France as in the United States and the United Kingdom as « Red is My Heart » (Gallic Books & Pushkin Press). In the same period, his first graphic novel, « Le Poisson de Monsieur Carassin », was published, followed by « Sur un nuage », « Rise », and « Par-dessus nous » in 2022; « Au loin tu verras » and « 203 Boulevard Raspail » in 2023; « Vous êtes ici » in 2024; « Maisonneuve » in 2025 and « Casanuova » in 2026.
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Le Sonneur : My Love, Mon Amour, My Heroine, Save Me, Kiss Me, Hold Me
par Noémie Richard, historienne de l’art et curatrice, 2018
« Flâneur urbain et moderne, Le Sonneur arpente le bitume. Au coin d’une rue, il vient déposer un jeu de clé d’amants imaginaires; à votre poignée de porte un door hanger au message détourné ; sur le pas de votre porte une lettre d’amour anonyme, une sonnette au nom intime et inattendu ; sur les murs projeter des vidéos ou encore y fixer des plaques de métal gravées d’un « MON AMOUR, 4ème étage gauche, Sur rendez-vous » portant un numéro de téléphone qu’il serait tentant d’appeler.
La ville est son terrain de jeu et les âmes qui l’habitent son inspiration. Artiste contemporain multiple, la pratique du Sonneur a un style minimal singulier et se rapproche de celle du street art. Toutefois, ses interventions ne sont pas invasives, mais plutôt tant de touches de poésie décelables par celui prêt à ouvrir les yeux et à accepter d’interrompre sa routine pour un instant. Au premier abord, les œuvres du Sonneur semblent être des gestes anodins. Cependant, quand on s’y arrête, on découvre une succession de niveaux de lecture, de poésie, où chaque geste est pensé, chaque mot est précis et les références subtiles.
S’il utilise des techniques variées (installation, vidéo, photographie, dessin), son arme principale est le verbe. Il joue avec les mots pour interroger, provoquer, interpeler et suggérer. Que savons-nous de ce qui se passe au-delà d’une fenêtre ou d’une porte ? Le Sonneur vous le suggère par des déclarations d’amours, des appels au secours, des provocations. Et si vous êtes prêt à le suivre, il vous le montre par le trou d’une serrure ou dans l’entrebâillement d’une porte. Suivre Le Sonneur c’est s’abandonner à l’imagination avec un brin de voyeurisme. »
« Le Sonneur is walking down the streets, like a urban wanderer. One day, right around the corner, he is leaving a bunch of keys of imaginary lovers. The following one, you’re going to find an enigmartic message on your front door, an anonymous love letter on your door steps, an unexpected nickname on a little red bell next to the usual buzzer ; or even a golden plaque on the outside wall of your building, on which you can read « MY LOVE, 4th floor, left, By appointment only » and a phone number. One is tempted to call, right ?
Le Sonneur’s style and technical process are close to street art. However, his interventions are non-invasive and bring a touch of poetry in the real world. You will be able to find them only if you open your eyes and are ready to take a step back from your daily routine. At first sight, Le Sonneur’s works seem to be pretty minimal, but, as soon as we take more time to look at them, we discover multiple layers of meaning and interpretation. Each word is carefully selected, each gesture precise, each reference subtle.
Even if he is using different techniques (installation, video, photography, drawing), words are his best allies. He is playing with them in order to challenge collective perceptions, to provoke or even to suggest. Do we know what is hapening behind a closed door ? Le Sonneur is suggesting it by love letters, a cry for help, as well as provocations. Are you ready to follow him ? He will make sure you look through this key hole and that you go beyond this open door. To enter Le Sonneur’s world, you’re going to need a touch of imagination and voyeurism. »
